Puerta del Sol : le village des « indignés » fait de la résistance

Basta ! le 24 Mai 2011 par la Rédaction (publié par Marie)

 

Les manifestants qui occupent la Puerta del Sol, célèbre place de Madrid, ont décidé de rester une semaine supplémentaire. Alors que les élections du 22 mai se sont conclues par une débâcle inédite pour les socialistes et José Luis Zapatero, la mobilisation continue en Espagne, contre les mesures d’austérité, les partis politiques, les banquiers. Sur la place de Madrid, le camp autogéré s’organise, entre assemblées générales, repas collectifs, et mini-potager urbain. Visite en images du campement des « Indignados ».

Le mouvement des Indignés, lancé le 15 mai dernier, s’est étendu à toute l’Espagne, où des dizaines de milliers de manifestants sont descendus dans les rues. Le village de bâches bleues de la Puerta del Sol de Madrid reste le cœur de cette mobilisation relayée par les réseaux sociaux. Sans aucune illusion sur une expulsion à venir sans doute prochainement, les nouveaux habitants de la Puerta del Sol s’organisent : cantines et commission « alimentation », équipes de nettoyage, groupe chargé « des infrastructures et de la propreté », infirmeries... Lundi, lors d’une assemblée générale, ils ont décidé de poursuivre l’occupation pendant encore une semaine. Et tentent de déplacer les débats vers des assemblées de quartier.

Visite de la Puerta del Sol, avec des photos prises par des participants du « mouvement des indignés » (cliquez sur une photo pour ouvrir le diaporama).

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Manifeste du collectif espagnol Democracia Real Ya : « Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers »

« Nous sommes des per­son­nes ordi­nai­res. Nous sommes comme toi : des gens qui se lèvent tous les matins pour étudier, pour tra­vailler ou pour cher­cher un boulot, des gens qui ont une famille et des amis. Des gens qui tra­vaillent dur tous les jours pour vivre et donner un futur meilleur à celles et ceux qui les entou­rent.

Parmi nous, cer­tain-e-s se consi­dè­rent plus pro­gres­sis­tes, d’autres plus conser­va­teurs. Quelques un-e-s croyants, d’autres pas du tout. Quelques un-e-s ont des idéo­lo­gies très défi­nies, d’autres se consi­dè­rent apo­li­ti­ques. Mais nous sommes tous très préoc­cupé-e-s et indi­gné-es par la situa­tion poli­ti­que, économique et sociale autour de nous. Par la cor­rup­tion des poli­ti­ciens, entre­pre­neurs, ban­quiers… Par le manque de défense des hommes et femmes de la rue.

Cette situa­tion nous fait du mal quo­ti­dien­ne­ment ; mais, tous ensem­ble, nous pou­vons la ren­ver­ser. Le moment est venu de nous mettre au tra­vail, le moment de bâtir entre nous tous une société meilleure.

Dans ce but, nous sou­te­nons fer­me­ment les affir­ma­tions sui­van­tes :

- L’égalité, le progrès, la solidarité, le libre accès à la culture, le développement écologique durable, le bien-être et le bonheur des personnes doivent être les priorités de chaque société avancée.

- Des droits basiques doivent être garantis au sein de ces sociétés : le droit au logement, au travail, à la culture, à la santé, à l’éducation, à la participation, au libre développement personnel et le droit à la consommation des biens nécessaires pour une vie saine et heureuse.

- Le fonctionnement actuel de notre système politique et gouvernemental ne répond pas à ces priorités et il devient un obstacle au progrès de l’humanité.

- La démocratie part du peuple (demos = peuple et cracia = gouvernement), par conséquent le gouvernement doit être le peuple. Cependant, dans ce pays, la majorité de la classe politique ne nous écoute même pas. Ses fonctions devraient être de porter nos voix jusqu’aux institutions, en facilitant la participation politique des citoyens grâce à des voies de démocratie directe et aussi, de procurer le plus de bienfaits possibles à la majorité de la société. Et non pas, celles de s’enrichir et de prospérer à nos dépens, en suivant les ordres des pouvoirs économiques et en s’accrochant au pouvoir grâce à une dictature partitocratique menée par les sigles inamovibles du PPSOE [1].

- La soif de pouvoir et son accumulation entre les mains de quelques-uns créent inégalités, crispations et injustices, ce qui mène à la violence, que nous refusons. Le modèle économique en vigueur, obsolète et antinaturel, coince le système social dans une spirale, qui se consomme par elle-même, enrichissant une minorité -le reste tombant dans la pauvreté. Jusqu’au malaise.

- La volonté et le but du système sont l’accumulation d’argent, tout en la plaçant au-dessus de l’efficience et le bien-être de la société ; gaspillant nos ressources, détruisant la planète, générant du chômage et des consommateurs malheureux.

- Nous, citoyens, faisons partie de l’engrenage d’une machine destinée à enrichir cette minorité qui ne connait même pas nos besoins. Nous sommes anonymes, mais, sans nous, rien de cela n’existerait, car nous faisons bouger le monde.

- Si, en tant que société nous apprenons à ne pas confier notre avenir à une rentabilité économique abstraite qui ne tourne jamais à notre avantage, nous pourrons éliminer les abus et les carences que nous subissons tous.

- Nous avons besoin d’une révolution éthique. On a placé l’argent au-dessus de l’Être Humain, alors qu’il faut le mettre à notre service. Nous sommes des personnes, pas des produits du marché. Je ne suis pas que ce que j’achète, pourquoi je l’achète ou à qui je l’achète.

A la vue de cela, je suis indi­gné(e).

Je crois que je peux chan­ger les choses.

Je crois que je peux aider.

Je sais que, tous ensem­ble, nous le pouvons.

Sors avec nous. C’est ton droit. »

Manifeste publié sur le site de Democracia Real Ya / Traduit par le collectif Rebellyon.info / Traduction additionnelle : Ophelia Noor - publiée sur Owni

Photos : © Slimjazz / mauri65 / Carmen Bascaran

A lire : En Espagne, la « génération perdue » se révolte contre les politiques et les banquiers

Notes

[1] Contraction de PP, Parti populaire (droite) et de PSOE (sociaux-démocrates)


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Dernière mise à jour de cette page le 24/05/2011

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