Bolivie : le président Morales expulse l’USAID

Le Parisien, par Aizar Raldes. Mis en ligne le 2 mai 2013.

Le Evo Morales a annoncé mercredi l'expulsion de Bolivie de l'USAID, l'agence américaine pour le développement international, en l'accusant de conspiration et d'ingérence dans la politique intérieure bolivienne.
"Nous avons décidé d'expulser l'USAID de Bolivie. L'USAID s'en va de Bolivie", a lancé M. Morales dans un discours enflammé prononcé devant des milliers de personnes.

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Il s'adressait à la foule pendant un rassemblement pour la Fête du Travail sur la place d' de La Paz, devant les bâtiments des pouvoirs exécutif et législatif boliviens.

Les Etats-Unis on regretté la décision bolivienne et contesté les allégations "sans fondement" du président Morales.
"Le américain regrette profondément la décision du gouvernement bolivien d'expulser l'agence américaine pour le développement international. Nous contestons les accusations. (...) L'objectif de l'USAID est d'aider le gouvernement bolivien et d'améliorer la vie quotidienne de la population", a déclaré le porte-parole adjoint du département d'Etat Patrick Ventrell.
L'USAID, présente en Bolivie depuis 1964, se trouve dans ce pays "pour des objectifs politiques et non pour des objectifs sociaux", a affirmé M. Morales, une des figures de la gauche radicale latino-américaine.
L'USAID et d'autres institutions liées à l'ambassade des Etats-Unis à La Paz "conspirent contre le peuple, et particulièrement contre le gouvernement national", a accusé M. Morales, qui dirige la Bolivie depuis 2006.
En 2008, pour des motifs similaires, la Bolivie avait expulsé l'ambassadeur des Etats-Unis et l'agence anti-drogue américaine DEA.
Washington avait répliqué en expulsant l'ambassadeur de Bolivie et en enlevant à La Paz des conditions douanières préférentielles.
"Plus jamais l'USAID, qui manipule, qui utilise nos frères dirigeants, qui utilise des camarades de la base en leur donnant des aumônes !", a déclaré le président bolivien.
Dans son discours, M. Morales a critiqué avec virulence le secrétaire d'Etat américain John Kerry, qui avait déclaré en avril, devant la commission des Affaires étrangères de la Chambre des Représentants, que l'Amérique latine était "l'arrière-cour" des Etats-Unis.
L'expulsion de l'USAID constitue notamment "une protestation contre ce message du chef de la diplomatie des Etats-Unis", a dit M. Morales.
"Sûrement, (les Etats-Unis) croiront toujours qu'ici on peut manipuler politiquement, économiquement", a dit le président bolivien. "Mais cela, c'était dans les temps anciens".
M. Morales a publiquement chargé le ministre bolivien des Affaires étrangères, David Choquehuanca, de communiquer à l'ambassade des Etats-Unis l'expulsion de l'USAID, "cet instrument (de Washington) qui persiste à avoir une mentalité de domination, de soumission".
Après avoir été longtemps en froid, Washington et La Paz avaient signé en 2011 un accord prévoyant la normalisation des relations bilatérales et un échange d'ambassadeurs. Mais cette tentative de rapprochement a échoué.
Le domaine où les désaccords sont les plus forts est la lutte contre la drogue. Après l'expulsion de la DEA, les Etats-Unis ont réduit leur contribution dans ce secteur à 5 millions de dollars, alors que le gouvernement bolivien a fait passer cette année le budget de la lutte contre la drogue de 26 millions à 34 millions de dollars, selon les chiffres officiels.

Commentaires (1)

1. FRIGARA Daniel(Decibel FM) 10/05/2013

Salut Laurent,
Comme convenu je te joins l'article à propos du CSA. Amicalement. DanielLES RADIOS ASSOCIATIVES, ELLES AUSSI, DANS LA TOURMENTE.

Plusieurs associations porteuses d’un projet de radio associative non commerciale attendaient depuis plus de deux ans que le CSA lance enfin un appel à demandes de fréquences. Ce qu’il a fini par faire pour Midi-Pyrénées en fin d’année 2012. En avril la liste des préselectionnés a été publiée. Le constat est sans ambiguïté: la quasi-totalité des fréquences a été attribuée à des radios commerciales, celles des « grands opérateurs ». Pour ne prendre qu’un exemple, dans le Lot, la fréquence ouverte sur Labastide-Murat a été offerte à … Europe 1 !!! Et cela alors qu’une association locale avait déposé un solide projet avec le soutien de la Municipalité et en relation avec le Parc Naturel régional.
Que signifie une telle décision ?
Essentiellement que le CSA ne se soucie pas du développement des radios associatives mais des exigences politiques et économiques du gouvernement en place. Et secondairement que le CSA est à la botte des politiques.
En l’occasion il s’agit pour les conseillers du CSA de s’inscrire dans les exigences de la Commission européenne mises en application par le gouvernement : réduire les dépenses publiques.
Il faut savoir qu’une radio associative a un coût pour l’Etat.
Rappelons que la loi autorisant les « radios libres » fait obligation à l’Etat de contribuer à leur installation et à leur fonctionnement par le truchement de subventions particulières.
Attribuer les nouvelles fréquences à des radios commerciales c’est, en fait, éviter d’avoir à verser ces subventions.
Si on ajoute à cela que les subventions ont baissé cette année (après avoir été maintenues au même niveau pendant plus de dix ans, ce qui était en soi déjà une baisse relative ), on peut affirmer que le CSA a aussi annoncer la fin progressive mais programmée des radios associatives.
D’autant plus que la mise en place prévue de la radio numérique accélèrera ce processus de disparition. En effet, si tout devait se dérouler comme cela est malheureusement prévu, les conditions du passage au numérique, laissé aux mains des « grands opérateurs » seraient financièrement un obstacle énorme sinon insurmontable pour les « petites radios ».
Mais nous dira-t-on pourquoi les « petites » radios échapperaient elles à l’austérité généralisée qui s’abat sur les « petites gens » ?
(En ce sens la défense de celles-ci est indissociable de la défense de ceux-là. Remarque personnelle).

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