Assigné à résidence

Le Lot en Action, mis en ligne le 11 décembre 2015

Pendons les ecolosJoël Domenjoud est un citoyen comme les autres. Enfin presque : depuis le 26 novembre 2015, 16h30, il fait partie des trois cent cinquante-quatre personnes assignées à résidence par la police au nom de l’état d’urgence. Désormais, Joël doit pointer trois fois par jour au commissariat – à 9 heures, 13 heures et 19h30 – et observer un couvre-feu de 20 heures à 6 heures. C’est le document, paraphé par Bernard Cazeneuve en personne, qui l’impose.
En l’absence de commissariat à Malakoff, Joël doit pointer à celui de Vanves, une délocalisation qui s’accompagne de petits tracas : en effet, son assignation lui interdit de quitter sa commune de résidence, et seule une dérogation l’autorise à franchir des limites auxquelles il ne prête d’ordinaire aucune attention. « Parfois, j’hésite à faire un crochet pour acheter le pain. » Souvent, il se ravise. En cas de contrôle, il pourrait être placé en garde à vue pour violation des conditions de son assignation. Le risque ? Six mois de prison ferme et 7 500 euros d’amende. On ne parlemente pas avec l’état d’urgence.

Membre de la legal team de la Coalition climat, ce militant sans casier judiciaire, la petite trentaine échevelée et la voix calme, se retrouve prisonnier de Malakoff, sa commune de résidence, jusqu’à la fin de la COP21, ce samedi 12 décembre. Ce qu’on lui reproche ? Rien, si ce n’est son dissentiment politique. Inique, ubuesque, kafkaïenne, sa situation est emblématique des dérives sécuritaires qui secouent la France depuis les attentats du 13 novembre. Son histoire en est une parmi tant d’autres, noyée entre deux mille cinq cents perquisitions administratives et trois cent cinquante-quatre assignations à résidence.

Un excellent article de Télérame, à lire sur le site éponyme (ici).

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