Lutte citoyenne victorieuse : l'affichage illégal restera… illégal

Article publié dans Le Lot en Action de mars (n°98), par Bluboux, mis en ligne le 28 mars 2016

Environnement l affichage illegal restera illegal 1Macron fait feu de tout bois et même si rien ne semble pouvoir arrêter « l'ancien jeune banquier », la mobilisation citoyenne peut finir par lui faire entendre raison...

Un projet de décret (1), « écrit » par les afficheurs (JC Decaux et Cie), soutenu par Bercy, proposait de remettre en cause des mesures clés du Code de l’environnement en matière d’affichage publicitaire. Par exemple, auraient été autorisés des panneaux publicitaires scellés au sol de très grand format, y compris lumineux, dans quantité de petites villes et villages où ils sont interdits depuis toujours par le Code de l’environnement.

Pas très étonnant lorsque l'on sait qu'en novembre 2012 le Conseil d’État avait donné raison au ministère de l’Écologie, contre l’afficheur JC Decaux, en interdisant les dispositifs publicitaires scellés au sol dans les agglomérations de moins de 10 000 habitants.

 

Une invasion de publicités sur panneaux numériques et écrans géants

Environnement l affichage illegal restera illegal 2Ce projet de décret porté par Macron prévoyait d'autoriser l'affichage publicitaire sur le domaine public, jusque dans les petites villes et les villages pour peu que ces derniers fassent partie selon l’INSEE d’une «unité urbaine» dite de plus de 100 000 habitants. Il prévoyait même d’autoriser des panneaux publicitaires numériques gigantesques de 50 m2 aux abords de tous les grands équipements sportifs concernés par cette seule mesure.

Plusieurs associations sont évidemment montées au créneau : Paysage de France, Attac, Les Amis de la Terre, Agir pour l’environnement, Maisons paysannes de France, Résistance à l’Agression, etc, saisissant Ségolène Royal (la girouette), qui aura mis plus de 5 mois pour sortir de son mutisme sur cette affaire. Même si, le 5 février dernier, la ministre ne semblait contester que l’une des mesures envisagées (article 2 du projet de décret, qui en compte six), la décision de Ségolène Royal n’en a pas moins représenté un tournant important. Le mardi 9 février en fin de matinée, Emmanuel Macron, s’est finalement résolu à renoncer : « Nous sommes parfaitement d’accord (...) pour abandonner ces mesures qui ne sont pas consensuelles (...) et appliquer la seule disposition réglementaire qui concerne les grands stades. »

En multipliant les initiatives et, notamment, en mobilisant 60 000 citoyens, les associations à l’origine de tout ce ramdam ont réussi à faire plier Macron et Royal. Comme quoi la mobilisation citoyenne a encore du sens.

 

Notes

(1) Projet de décret en ligne sur le site du ministère de l'écologie : http://bit.ly/1mTor1o

 

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