Violences policières : les graines qui feront grandir la haine et la violence

Le Lot en Action, par Bluboux, mis en ligne le 2 mai 2016

5728237 affiche cgtyLes violences policières se multiplient au fil de l’enracinement du mouvement social actuel. Un oeil perdu ici, des matraquages et des passages à tabac quasi systématiques par là, utilisation massive des flash ball et de LBC, des grenades de désencerclement, du gaz lacrymogène et des Taser, les forces de maintien de l’ordre s’en donnent à coeur joie. Alors est-ce le révélateur d'une police arrivée au bout du rouleau ou bien la marque de la volonté du gouvernement de casser les contestations sociales et environnementales ? À en juger par les nombreux dérapages en matières de liberté de manifester constatés depuis que Hollande est à l'Élysée, les bavures qui se multiplient, y compris mortelles (cf Rémi Fraisse) et l'explosion des violences policières depuis le début de l'année, nous sommes bien en présence d'une dérive sécuritaire qui laisse craindre de sombres heures. Petit bilan des derniers événements à Paris. Pour suive cette actu, nous vous conseillons de suivre les site Paris-luttes.info et l'Oservatoire des violences policières.

 

Bilan judiciaire et médical de la répression de la journée de mobilisation contre la loi travail du jeudi 28 avril par le Groupe de défense collective (Defcol) et les Street Medics

La violence et la brutalité de la répression policière ne cessent d’augmenter, et avec elles les blessures infligées aux manifestants. Sur le plan judiciaire, les parquets ont manifestement reçu des instructions pour charger au maximum les manifestants interpellés. Le gouvernement cherche clairement à briser par la force le mouvement de contestation contre la loi travail.

En bref

Violences policieres parisDurant la journée du 28, la répression policière a été massive. Le matin, plus d’une centaine de personnes ont été prises dans une nasse et interpellées pour une vérification d’identité suite à une action de blocage de l’économie au port de Gennevilliers et au carrefour Pleyel. Deux personnes, dont l’une blessée lors de l’interpellation, ont été placées en garde-à-vue.

Il y a eu des blessures importantes chez les manifestants, tant durant la manifestation l’après-midi, que le soir lors de l’évacuation très violente de la Place de la République. L’équipe médicale est intervenue pour soigner d’innombrables plaies ouvertes, des fractures et des brûlures. De nombreuses blessures ont été provoquées par l’usage ininterrompu des lanceurs de balles de défense et des grenades de désencerclement. Les gaz, particulièrement puissants, ont entraîné de fréquents malaises et crises d’asthme. Les charges et les gazages ont multiplié les épisodes de stress et de panique chez les manifestants.

Le vendredi 29, les deux personnes interpellées le 28 au matin à l’action de blocage sont passées en comparution immédiate devant le tribunal de Bobigny. Défendues par des avocats de Defcol, elles ont demandé un délai pour préparer leur défense. Malgré la demande de détention provisoire par le parquet dans un des cas, les deux manifestants ont été libérés sous contrôle judiciaire en attente de leur jugement.

Le même jour, un manifestant a été jugé en comparution immédiate devant le TGI de Paris. Défendu par un avocat commis d’office, il a été condamné à trois mois de prison avec sursis.

Le samedi 30, une dizaine de personnes majeures, arrêtées le jeudi 28 durant les manifestations, ont été déferrées au palais de justice de Paris. Deux d’entre elles, accusées de dégradations et défendues par des avocats de Defcol, ont été libérées avec une convocation devant le tribunal et un contrôle judiciaire. Huit autres manifestants sont passés en comparution immédiate, tous accusés de violences et principalement de jets de projectiles. Le parquet a systématiquement requis de la prison ferme avec mandat de dépôt et, pour les renvois, de la détention provisoire. Cinq manifestants, parmi lesquels trois étaient défendus par les avocats de Defcol, ont demandé un renvoi de l’audience et ont été libérés sous contrôle judiciaire. Trois personnes, défendues par des avocats commis d’office, ont accepté d’être jugées immédiatement : une a été relaxée, les deux autres ont été condamnées à six et huit mois de prison ferme mais sans mandat de dépôt.

Le même jour, plusieurs mineurs, dont un a été défendu par un avocat de Defcol, ont été présentés devant le juge des enfants.

Le dimanche 1er mai, un nombre indéterminé de manifestants, dont deux sont défendus par les avocats de Defcol, seront présentés devant le juge des libertés et de la détention.

 

Communiqué du château commun : soir du 28 avril

Tant qu’il y aura du bois on reviendra. Arrêtez de taper sur nous, on n’est pas des clous.

Manifestants a marseille 5143551Suite aux violences policières subies jeudi 28 avril au soir place de la République, nous condamnons la répression injustifiée et disproportionnée qui a eu lieu. Il s’agissait d’une démonstration de force et d’intimidation, en représailles des mouvements sociaux de ces dernières semaines, et particulièrement de la manifestation de l’après-midi même.

Nous étions venus construire notre 4e château (joyeuse cabane construite de bois récupéré, amené et investi par tous), dans le but d’occuper la place de manière durable, place dont nous sommes délogés tous les soirs.

Nous avons été gazés, trainés à terre, humiliés, pour la seule raison d’être restés sur la place après minuit. La plupart d’entre nous ont été blessés par les CRS et leurs matraques, gaz lacrymogènes, grenades de désencerclement et autre flashball.

Il en résulte, à notre connaissance, une fracture de la main, un crâne ouvert, des contusions sévères très nombreuses.

Nous constatons encore une fois et dénonçons que la communication gouvernementale et son arsenal médiatique se focalisent sur les dégâts causés aux CRS, et passent sous silence l’ampleur des agressions faites aux manifestants.

Tant qu’il y aura du bois on reviendra.
Arrêtez de taper sur nous, on n’est pas des clous.

Des étudiant.es des Beaux-Arts, occupant.es debout et atterré.es

 

 

Et ce n'est malheureusement pas nouveau. Dans cette vidéo une militante écologiste de 72 ans molestée par la police en février dernier à Poitier :

 

Les méthodes d'infiltration des policiers laissent également dubitatifs...

 


Manifestation Lyon 19/10/10 : la CGT infiltrée... par RebellyonTV

Policier infiltre

 

 

 

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