Appel à mobilisation : Le Conseil Départemental torpille le projet collectif du Liauzu

Article à paraître dans le numéro 102 (numéro de l'été) du 28 juin, par Cathy Garcia, mis en ligne le 19 juin 2016

D'un côté un site exceptionnel appartenant au Conseil Départemental, ancienne base de loisirs avec de nombreux bâtiments laissés à l'abandon depuis plusieurs années (et donc largement dégradés suite à l'incurie de nos élus), de l'autre un collectif de citoyens porteurs d'un projet, celui du « Centre permanent pour la transition écologique et citoyenne », au cœur des enjeux essentiels de société qui dès aujourd'hui s'imposent à nous avec force. Après plusieurs mois de tergiversations, les élus viennent de refuser le bail qui leur était demandé, alors qu'aucune contribution financière n'était en jeu. Ce projet, prometteur en termes de création d'emplois, de dynamique locale dans le cadre de la transition, de l'économie circulaire, des alternatives transversales (tiers-lieu) n'est pas pour autant torpillé si une mobilisation citoyenne forte voit le jour.

Organigramme polesÀ l’heure des grands discours officiels, des grand événements type Cop21, qui cherchent à répondre aux grands défis du siècle, partout en France et dans le monde des citoyens conscients et responsabilisés depuis bien avant l’heure, s’investissent, agissent, créent, inventent, individuellement et en commun, non seulement pour tenter de trouver des solutions pour réparer les immenses dégâts de décennies d’avidité et d’aveuglement, mais aussi pour inventer, créer et expérimenter de nouvelles façons de consommer, de travailler et de vivre, des façons d’être plus évoluées sur tous les plans, afin de pouvoir transmettre une planète viable aux générations suivantes, aussi bien humaines, qu’animales et végétales.

Le choix de l’économie circulaire était à la une de la Cop21. « L’économie circulaire désigne un concept économique qui s’inscrit dans le cadre du développement durable et dont l’objectif est de produire des biens et des services tout en limitant la consommation et le gaspillage des matières premières, de l’eau et des sources d’énergie. ».

Depuis plus d’un an, un groupe sans cesse grandissant de citoyens et citoyennes du Lot, et même de plus loin, tout âge et statuts confondus, travaille sur un projet visant à reprendre un lieu public, qui a été laissé depuis des années, complètement à l’abandon, laissant toutes ses structures se dégrader, pillées, vandalisées, et ceci au total mépris de l’argent public qui y avait été investi : il s’agit de la base du Liauzu, anciennement Centre de loisirs des amis du Célé.

Le projet proposé est non seulement en totale cohésion avec les préoccupations de la Cop21, mais il est surtout visionnaire, totalement en phase avec ce que pouvons faire de notre futur et du futur de nos enfants, ici et maintenant. Il s’agit de créer un centre de transition écologique et citoyenne, ouvert à toutes et à tous. Il peut faire de la vallée du Célé, le cœur névralgique d’un changement profond et durable de conscience, qui pourra rayonner bien au-delà des limites du département, un lieu ressource d’informations, de formations, d’accompagnement, un laboratoire d’expérimentations, une pépinière de créativité et une base pour dynamiser l’économie locale et circulaire respectueuse des personnes et de l’environnement. Ceci afin que le Lot ne soit pas seulement un parc d’attraction, une réserve à touristes, une villégiature pour privilégiés, un terrain de construction de grands hôtels privés qui gâchent le patrimoine, cf Valentré, ou de projets faramineux et absurdes comme un terrain de golf sur le causse, mais bien un lieu de vie avec du vrai lien social, capable de mettre en valeur et d’user au mieux des capacités et talents de chacun de ses habitants, sans exception. Un lieu d’où nos enfants n’auront pas à partir, faute de pouvoir y travailler et donc y vivre. Un lieu où on se poserait aujourd’hui des questions essentielles comme celles de l’autonomie énergétique, l’autonomie alimentaire (regardez du côté de la ville d’Albi !).

Or, combien sommes-nous aujourd’hui, jeunes et moins jeunes, à proposer des choses, services, compétences, talents, inventivité, créativité et à être sur la touche ? Ce qui coûte de l’argent au département, alors quelle incohérence, non, si à chaque fois qu’une initiative positive est lancée, et qui ne demande aucun investissement financier de la part du département, elle est aussitôt bloquée par décision d’ « en haut » ? Et quel gâchis ! Sans d’ailleurs que cet « en haut » prenne la peine de détailler et argumenter son refus (une lettre d’une dizaine de lignes !), alors qu’en face, les porteurs de projets ont passé des mois et des mois à se rencontrer, à travailler, pour étayer et prouver encore et encore la valeur d’un projet, qui pourtant dans ce cas précis, semble tellement évidente. Est-ce que laisser un lieu tel que la base du Liauzu à l’abandon pendant des années est un projet valable ? Et quel mépris pour toutes celles et ceux qui avaient passé tant d’années auparavant à faire vivre ce lieu en y recevant des enfants de toute la France.

La ruralité n’est pas un passé à conserver dans un musée, ce sont des façons de vivre en osmose avec un environnement, une terre vivante, grâce à une connexion intime et profonde avec elle. L’écologie c’est la compréhension de l’équilibre, on prend, on redonne, rien n’est gaspillé, rien n’est inutile ou nuisible et cela est valable aussi bien pour les énergies, les animaux, les végétaux que les humains !

Alors, ceci est un appel à tous les habitants de la vallée et alentours ; que fait-on de ce lieu ?

Je vous invite à aller voir ici quelques informations sur le projet qui a été proposé et refusé : http://transitionaupays.eu

 

Dossier du projet

Dossier Installation Collective Au Liauzu

Film Transition au pas : une aventure lotoise

Commentaires (3)

1. jean-luc Morellec 23/08/2016

"article reliè et visible ici : https://framasphere.org/posts/2125191

2. boux (site web) 22/06/2016

La lettre de refus du Conseil Départemental est en ligne sur le site Transition au pays, dont le lien est donné en fin de l'article.

3. katalin 20/06/2016

merci pour cet article, mais j'aurais aimé connaître les raisons du refus et sa forme (dossier à retravailler? refus définitif? délibération > date? etc.)
merci

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