Cher Le Média, les médias libres te souhaitent la bienvenue

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Communiqué de la CPML, publié dans notre numéro de novembre (n°115), mis en ligne le 1er novembre 2017

Vie du lea le media 8600 banniere cpml 600x300L’appel à créer un « nouveau média collaboratif, pluraliste, culturel et francophone, humaniste et antiraciste, féministe et pro LGBTI, écologiste et progressif » prépare le lancement de « Le Média », proche de la France insoumise. Les auteurs de cette tribune rappellent que des médias correspondant à ces critères existent déjà partout en France.

 

La Coordination permanente des médias libres (CPML) (1) est née de la volonté de plusieurs médias qui ne se reconnaissent ni dans l’audiovisuel public ni dans des médias privés à vocation commerciale. De ce constat est apparue l’envie de se retrouver, pour partager expériences, productions et action commune pour permettre à un tiers secteur médiatique d’exister. Cette initiative est indépendante de toute organisation politique ou religieuse, mais dépend de l’implication de chacun pour sa réussite. Le Lot en Action en fait partie.

Soutenez les médias citoyens !

L’information ne devrait pas être une marchandise, mais elle est de plus en plus sous la coupe des pouvoirs financiers et industriels. Pour faire vivre une presse libre, journalistes et citoyen•ne•s doivent inventer d’autres modèles économiques, émancipés de la publicité et des actionnaires.

Nous nous réjouissons donc d’apprendre que des personnalités des médias, de la culture, du spectacle et de la politique ont la volonté de créer un « nouveau média collaboratif, pluraliste, culturel et francophone, humaniste et antiraciste, féministe et pro LGBTI, écologiste et progressif », comme ils et elles l’expliquent dans une pétition (2) relayée le 25 septembre par une tribune publiée par le très « citoyen » journal le Monde.

Mais depuis le 6 octobre, cet appel à la réflexion s’est déjà concrétisé avec le Média, dont le lancement prochain est clairement associé au parti la France insoumise (3).

Nous nous étonnons toutefois que les signataires de cet appel, et en premier lieu les journalistes, semblent ignorer que des médias « fondamentalement alternatifs », y compris nationaux, en ligne et en accès libre, existent depuis longtemps déjà, regroupés pour certains dans une Coordination permanente des médias libres (CPML) et dans un réseau « Médias citoyens ».

En effet, nous sommes des dizaines de médias, partout en France, à faire vivre la presse libre au quotidien : Audiovisuels, numériques ou papier ; coopératifs ou associatifs ; locaux, régionaux ou nationaux ; écolos, solidaires, féministes ; décroissants ou « progressistes », selon des dosages qui varient en fonction des projets éditoriaux.

 

Vie du lea le media mediasL’horizontalité et la coopération au centre des démarches éditoriales

Certains sont diffusés en kiosque, d’autres s’appuient sur leur réseau de lecteurs pour la distribution, d’autres encore sont en ligne, le plus souvent en accès gratuit, et vivent des dons de leurs lecteurs et lectrices. Les rares subventions qui nous sont accordées — des miettes par rapport à ce que touchent les « grands » médias — nous aident à boucler des budgets ric-rac. Notre liberté n’est bornée que par le manque de moyens humains et matériels. L’un de nos principaux défis consiste à élargir notre audience, sans campagnes de publicité et quand les revues de presse des médias parisiens nous ignorent royalement.

Pour faire connaître notre travail au grand public, nous épauler mutuellement, réfléchir ensemble à l’avenir de la presse libre, nous nous réunissons régulièrement. Il y a quelques années, le journal régional le Ravi, basé à Marseille, a organisé les premières rencontres de la « Presse pas pareille », auxquelles ont participé des journaux papier de tout l’Hexagone. Une Coordination permanente des médias libres (CPML) a ensuite été créée, rassemblant des titres de presse écrite, numérique et audiovisuelle.

Voici un extrait du texte collectif qui présente la CPML : « Nous désirons lancer une pensée différente de celle des mass médias… Chacun peut nous rejoindre, à la condition qu’il entre dans notre charte éditoriale. Nous ne voulons pas de médias aux idées nauséabondes. Nous savons trop que la fachosphère tente de s’emparer de projets alternatifs. Nous luttons pour la démocratie, et nous aidons tous ceux qui se sentent opprimés, oppressés par l’information des grands médias. Une autre information existe, celle de l’alternative, de l’écologie, de l’éducation populaire, des luttes sociales. »

En lisant l’appel « Soutenez la création d’un nouveau média citoyen », publié sur change.org (4) et sur le site du Monde, nous voyons donc notre travail, et notre existence même, tout simplement niés. « Quand l’information et la culture sont trop souvent traitées comme des marchandises, quel rôle les citoyen•ne•s peuvent-ils encore jouer pour faire vivre le pluralisme et le débat ? Cette question appelle une réponse qui ne saurait attendre », dit le texte. Étrange démarche que de prétendre apporter une réponse alternative et citoyenne en faisant comme si les réponses alternatives et citoyennes expérimentées depuis des années n’existaient pas. Et comme si la réponse à cette marchandisation forcenée devait être nécessairement pyramidale — créer un nouvel organe central qui comblerait à lui seul ce « manque », au moment où des dizaines de projets alternatifs mettent l’horizontalité et la coopération au centre de leurs démarches éditoriales.

Il nous parait donc utile et nécessaire, pour la réussite de ce nouveau projet, d’apporter à ses promoteurs•trices quelques éléments d’information. Puisqu’il est si difficile, lorsque l’on vit et/ou travaille à Paris intra-muros, d’appréhender la réalité du vaste monde qui court au-delà du périphérique, voici un petit inventaire (non exhaustif !) de médias alternatifs nationaux (5).

 

Réponse de Gérard Miller, dans une tribune publiée sur Reporterre

"Je me couvre la tête de cendres. Je suis l’un des rédacteurs du Manifeste pour un média citoyen, qui a été publié le 25 septembre dans le journal Le Monde, et j’ai donc notamment co-écrit ses deux premières phrases :

Quand l’information et la culture sont trop souvent traitées comme des marchandises, quel rôle les citoyen·ne·s peuvent-ils encore jouer pour faire vivre le pluralisme et le débat ? Cette question appelle une réponse qui ne saurait attendre. »

La première phrase pose une question qui est parfaitement fondée et les deux adverbes que nous avons accolés, « trop » et « souvent », étaient supposés faire comprendre que le phénomène dénoncé d’emblée ne se produisait fort heureusement pas… « toujours ». Mais la seconde phrase n’en manquait pas moins de clarté et a donc fait craindre à nombre de médias alternatifs qui avaient très largement précédé notre Manifeste, que nous sous-estimions leur travail, voire que nous l’ignorions."

C’est dans la pratique que se jugeront nos intentions

"Certes, à la télévision ou à la radio où nous avons été à de nombreuses reprises invités depuis le 25 septembre pour parler de notre projet, nous avons levé toute ambiguïté, en faisant systématiquement référence aux médias qui font vivre la presse libre au quotidien et dont beaucoup sont regroupés de fait dans la Coordination permanente des médias libres (CPML) et dans un réseau Médias citoyens. À chaque fois, nous leur avons rendu hommage, non seulement parce que notre initiative s’inscrivait en droite ligne à la suite de la leur, mais parce que nous souhaitons clairement être inscrits dans cette histoire de l’information alternative dont ils sont, et depuis longtemps, les protagonistes les plus actifs.

Même si la création d’un grand média audiovisuel alternatif, c’est-à-dire d’une véritable télévision pluraliste se réclamant des valeurs que notre Manifeste exprime, serait une nouveauté en France, il n’empêche que nous aurions dû, dans ledit Manifeste, nous positionner explicitement par rapport à ce que je ne vais pas appeler nos ancêtres, car ils ont plus que jamais bon pied bon œil, mais nos aînés, nos précurseurs, et surtout nos amis. Et c’est d’autant plus vrai que nous ne concevons pas Le Média sans l’établissement d’une étroite et permanente collaboration avec eux.

Puisse donc ce petit texte lever tout malentendu, même si je sais que c’est dans la pratique que nous aurons au quotidien et dans les associations étroites que nous serons capables, les uns et les autres, d’établir, que se jugeront nos intentions, dont j’espère néanmoins qu’on nous fera dès à présent le crédit de penser qu’elles sont bonnes et… fraternelles."

 

Les membres de la Coordination permanente des médias libres

Acrimed, observatoire des médias, éditeur de Médiacritique(s) ; Airelles Vidéo, réalisation de documentaires ; Aldudarrak Bideo, réalisation de documentaires ; Aquilenet, association de promotion d’un web libre ; Fédération de l’Audiovisuel Participatif ; Bateau Basta, média en ligne national ; Campagnes solidaires, média papier national ; Cram Cram édition, magazine jeunesse ; Demosphère, agenda citoyen ; Fakir, mensuel papier national ; Fokus21, réalisation de documentaires ; Global Magazine, média en ligne national ; L’âge de Faire, mensuel papier national ; La Canarde Sauvage, satirique papier local ; La Cathode, réalisation de documentaires ; La Feuille de Chou, mensuel papier local ; La Gueule Ouverte, média en ligne ; La Gazette à Gouzy, mensuel papier national ; La Lettre à Lulu, satirique papier nantais ; La Lorgnette.info, média en ligne ; La Maison écologique, magazine papier national ; La Télélibre, télévision nationale ; La Trousse Corrézienne, mensuel papier corrézien ; L’Insatiable, média en ligne national ; Le Bruitagène, radio locale ; Le Crieur de la Villeneuve, mensuel local papier ; Le Lot en Action, mensuel papier lotois ; Le Magazine des autres possibles, mensuel papier nantais ; Le Nouveau Jour J, journal papier lorrain ; Le Ravi, mensuel papier de la région Paca ; Le Sans culotte 85, journal papier vendéen ; Le Trou des Combrailles, journal local ; Les pieds dans le PAF, association d’éducation aux médias ; Lutopik, mensuel papier national ; Mediacoop, réalisation de documentaires ; Médias Citoyens, réseau de médias citoyens ; Patatras Mag, magazine jeunesse ; Pierre Merejkowski, pixel libre ; Politis, mensuel papier national ; Primitivi, réalisation de documentaires ; Radical Cinema, média en ligne national ; Radio MNE, radio locale de Mulhouse ; Regard Actu, média en ligne national ; Rencontres médiatiques, association de soutien aux médias libres ; Reporterre, média national en ligne ; Ritimo, réseau d’information ; Rizhome, média en ligne charentais ; Riv’ Nord, réalisation de documentaires ; Rouge Midi, média en ligne national ; SideWays, réalisation de documentaire ; Silence, mensuel papier national ; Sisyphe Vidéo, réalisation de documentaire ; Sciences Critiques, média en ligne national ; Télé Sud-Est, télévision locale ; Transrural initiative, mensuel papier national ; TV Bruits, télévision locale ; Tvnet Citoyenne, télévision locale ; Yannis Youlountas, réalisation de documentairesrrouh ; Zelium, journal satirique national.

 

Notes

(1) Voir le site de la CPML : http://medias-libres.org

(2) Pétition en ligne : http://bit.ly/2lbMJsf

(3) Lire l'article publié dans Le Monde du 6 octobre dernier, « Les « insoumis » lancent « Le Média », garanti sans Mélenchon bashing » : http://lemde.fr/2gBeFUQ

(4) https://www.change.org/p/media-citoyen

(5) http://medias-libres.org/les-medias-libres/

Vie du lea le media medias francais

 

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